SOUDDAGOH : comprendre le spectacle du 19 juin

Guide spectateur · 19 juin 2026

SOUDDAGOH

L'initiation des guerriers haoussa

Un spectacle sur l'amour interdit de Yako et Fatou, le poids des traditions, le courage de dire non, et la dignité des jeunes filles face à l'excision.

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Voici l'histoire à garder en tête pendant le spectacle.

SOUDDAGOH raconte l'histoire de Yako et Fatou, deux jeunes amoureux surpris par leur communauté. Yako est envoyé en initiation pour prouver qu'il peut devenir un homme reconnu par les siens. Fatou, elle, refuse un rite d'excision imposé aux jeunes filles.

Le spectacle traverse la joie de l'amour, la force des traditions, la violence des pratiques imposées, l'exil des deux amoureux, puis une protestation collective contre l'excision. Le message final est clair : la culture peut transmettre, mais elle ne doit jamais nier la dignité, l'intégrité et la liberté.

Personnages et forces en présence

Yako

Interprété par Wilfried Tchuigoua. Le jeune amoureux traverse l'initiation, l'épreuve du courage et le passage vers l'âge adulte.

Fatou

Interprétée par Ariane Makou. Elle refuse le rite imposé et devient le symbole de la dignité et du droit de choisir.

Le patriarche

Interprété par Rodriguez. Il incarne l'autorité masculine, le poids des coutumes et l'ordre du village.

La matriarche

Interprétée par Tina, son cri de « Souddaggo ! » ouvre la scène comme un appel à la vie. Elle rassemble les femmes initiées et porte l'autorité du rituel.

Les guerriers

Gardiens des coutumes, ils encadrent l'initiation de Yako et testent son courage.

Les Miss invitées

Elles portent la parole publique, la protestation et la solidarité contre l'excision.

Distribution et création

Yako

Interprété par Wilfried Tchuigoua

Fatou

Interprétée par Ariane Makou

Le patriarche

Interprété par Rodriguez

La matriarche

Interprétée par Tina, également chanteuse principale

Direction musicale

MOUABOULOU Cyriaque

Chorégraphie

Martial Efoulou

Assistance chorégraphique

Gabin Tchoupo

Mise en scène

Lord Rodriguez Tankoua

Tableau 1

Célébration de l'Amour

Tout commence par un appel. Dans le silence de la salle, la voix de Tina jaillit avec le cri « Souddaggo ! » et réveille la scène. Les couples apparaissent, les corps se répondent, les pas frappent le sol : la fête devient un langage, et l'amour commence à circuler entre les danseurs.

Au marigot, Yako et Fatou se découvrent loin des regards. Une main hésite, un sourire répond, une idylle naît dans la douceur. Mais cet instant fragile est brusquement exposé au village. Ce qui devait rester secret devient public, et la joie du premier tableau se transforme en trouble.

Tableau 2

L'initiation de Yako

Après la révélation de son amour avec Fatou, Yako n'est plus seulement un jeune amoureux : il devient celui que la communauté veut mettre à l'épreuve. Conduit devant les guerriers, il entre dans un monde de regards lourds, de chants profonds et de gestes anciens.

La danse wai-wai ouvre le passage. Yako doit affronter la peur, le doute et le combattant qui se dresse devant lui. Les scarifications marquent son visage comme une mémoire visible de l'épreuve. Quand la danse LABI s'élève, ce n'est plus le même garçon qui revient : il porte désormais la fierté, la douleur et la responsabilité.

Tableau 3

Le refus de Fatou et l'exil

L'atmosphère change. La matriarche appelle les femmes initiées, les jeunes filles sont rassemblées, et la danse Ngandjal installe une solennité presque oppressante. Fatou comprend peu à peu que la cérémonie ne célèbre pas son avenir : elle menace son corps, sa liberté et sa dignité.

Quand son tour arrive, Fatou ne baisse pas les yeux. Elle dit non. Ce refus fend le rituel, provoque la colère et fait trembler l'ordre établi. Yako s'interpose à ses côtés. Ensemble, ils choisissent l'exil : quitter la terre natale devient leur seul chemin pour rester debout, libres et fidèles à leur amour.

Tableau 4

Protestation, dénonciation et solidarité

La lumière tombe, et le silence oblige chacun à regarder en face la réalité de l'excision. Le documentaire ouvre une blessure collective. Puis, une à une, les Miss invitées se lèvent dans la salle. Leurs slams traversent le public comme des voix venues de plusieurs pays, mais portées par une même urgence.

Leurs pas les conduisent vers la scène, jusqu'au cri commun : « Mon corps m'appartient ! Ma voix compte ! Ensemble, disons NON à l'excision ! » Alors Fatou réapparaît, non plus comme une victime, mais comme une femme debout. Autour d'elle, Yako, ses frères et tous les artistes forment une image de solidarité : la parole n'est plus isolée, elle devient un mouvement.

Ce que l'on ressent

La scène passe de la fête à la blessure, puis de la blessure à la parole.

Au début, le public est porté par l'énergie des couples, les couleurs, le rythme, l'humour et la douceur de la rencontre au marigot.

Peu à peu, l'ambiance se resserre. Les rites deviennent plus lourds, les regards plus graves, les silences plus puissants. Le spectacle ne montre pas seulement une histoire d'amour : il fait sentir la pression d'une communauté et le courage nécessaire pour s'y opposer.

« La tradition transmet. Mais la dignité doit rester intacte. »

Message central

SOUDDAGOH est une célébration de l'amour, mais aussi un appel à protéger les jeunes filles.

Le spectacle ne condamne pas la culture africaine : il la célèbre, la fait danser, la fait parler. Mais il rappelle qu'aucune tradition ne doit justifier la souffrance, la peur ou l'effacement de la voix des femmes.

Fatou devient la voix de celles qui n'ont jamais osé parler. Yako et les hommes qui l'entourent rappellent que la lutte contre l'excision concerne aussi les hommes, les familles et toute la communauté.

À retenir

Le spectacle parle d'amour, d'initiation, d'exil, de solidarité et de droits humains. Son image finale affirme une promesse : un avenir où chaque jeune fille peut grandir librement, dans le respect de son corps et de sa dignité.

Après la lecture

Regardez les gestes, écoutez les tambours, suivez le courage de Fatou.